Silo t.1 de Hugh Howey…

L’humanité post-apocalypse s’est planquée dans un silo six pieds sous terre et, des siècles plus tard, les survivants sont sur le point de connaître un nouveau cycle de violence interne. À moins qu’ils ne se décident carrément à tenter l’air du dehors…

Cette chronique de Silo inaugure la catégorie « unfinished business » ! J’ai dû tenir les deux-tiers du livre. Ce qui aurait justifié de le finir, c’est sûr. Mais que voulez-vous ? À un moment donné, on a tous des tas de trucs à faire et je crois qu’un nouveau Sanderson a dû sortir au même moment. Ce pauvre Silo n’avait aucune chance.

Mais pourquoi si peu d’attrait ? Elle est quand même super, l’histoire inventée par Hugh Howey ! C’est intriguant, plein de mystères, on se croirait revenu dans la première saison de Lost, ou celle de l’inachevée « Ascension ». Franchement, niveau histoire, rien à redire : on a envie de savoir. On veut comprendre ce qui a bien pu se produire, pourquoi ses silos, comment fonctionne cette société faite pour survivre sans… Ah non, attendez, ça on a vite compris : une société enfermée sous terre, sans possibilité de s’agrandir ou de se développer, forcément, ça implique une petite dictature bien maîtrisée : liberté contrôlée, régulation des naissances, chasse aux esprits un peu trop « indépendants ». Et quand on est au bout de la répression, on donne envie aux rebelles de sortir du silo, comme ça : bon vent !

Sarcasme à part, il est important de le redire : l’histoire vous attrape et vous accroche. Les personnages… moins.

C’est ici que je me dois d’être totalement transparente : J’ai lu Silo après avoir regardé la première saison de l’adaptation faite pour Apple TV. Une série excellente, réalisée par Morten Tyldum, avec un casting aux petits oignons (excellente Rebecca Fergusson). Une vraie adaptation, qui réussit là où le livre échoue : créer des personnages cohérents, humains, touchants, auxquels on s’attache – et, accessoirement, équilibrer un peu le ratio fille/garçon, très bancal dans le livre -. La série prend son temps pour créer le background des personnages, s’intéresse à leur sentiment et à leurs espoirs, quand Hugh Howey se contente de les faire avancer dans la trame de son récit.

Nan mais vraiment : On vous dit que machin et machine parlent en regardant les étoiles dans la cafétéria. Qu’est-ce qu’il vous faut de plus pour comprendre qu’on est sur une belle love story ? Vous lisez pas entre les lignes ? Vous n’êtes pas capable de remplir les blancs ?
Ah, je vous jure, voilà ce qu’on récolte comme lecteurs avec ces générations biberonnées à La Chronique des Bridgerton.

C’est ce que pourrait répliquer Hugh Howey à cette critique.

Il a sûrement pas tort Hugh. On peut remplir les blancs, on voit où il veut aller mais, bon, quand même. Ils sont sacrément caricaturaux tous ces gens. Ou complètement creux. Il leur manque toujours un petit quelque chose, et leur donner quelques instants avant qu’ils meurent… C’est vraiment mesquin.
La série enrichit ce qui avait besoin de l’être. En une saison, elle n’a donc adapté qu’une petite moitié du premier tome. La preuve qu’il y avait de la place dans les blancs pour densifier tout ce petit monde.

Bref, j’ai lâché Silo pour regarder les prochaines saisons de l’adaptation. Oui, c’est pas bien.

Et tant qu’on y est, inutile de réaliser la même chronique deux fois : c’est peu ou prou la même chose pour Le Problème à trois corps de Liu Cixin. Une écriture très sèche, des personnages froids… la série a vraiment réussi à humaniser un récit ascétique. Merci pour les fleurs bleues et les lecteurs de Bridgerton (je fais genre mais en fait, jamais lu).

Sarcasme : Bien comme il faut.
Second degré : Même pas. Si ?
Honnêteté : Totale.

Silo – Hugh Howey – 744 pages – Le Livre de Poche (13/01/2016)